Libye: ‘Si tu passes par la 32e, tu ferais mieux de parler’

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Ali me montre l’arme. “J’étais haut placé dans l’armée libyenne de libération”, dit-il. “Un de mes soldats a trouvé deux de ces armes à Tripoli, à Bab al-Aziziya, le domaine de Kadhafi dans la capitale. Je ne pense pas qu’elles aient été stockées là. Elles devaient provenir des services de sécurité sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur, mais à la fin de la guerre tout était démantelé et centralisé à Bab al-Aziziya.”

(Photo Damien Spleeters)

(Photo Damien Spleeters)

(Photo Damien Spleeters)

(Photo Damien Spleeters)

L’arme posée sur la table est un FN303, une arme à létalité réduite qui peut tuer lorsqu’on ne respecte pas une certaine distance de sécurité. Le chargeur de cette arme est manquant. Le logo de la FN Herstal est présent à plusieurs endroits. Sous la bouteille d’air comprimé qui sert à tirer, un code-barres et le numéro de ésrie 322SN303-081916. Un numéro de commande, identique à celui retrouvé sur le F2000 et sur les documents d’exportations : 102760. On retrouve enfin la même gravure au nom de la 32e Brigade ‘Khamis’.

(Photo Damien Spleeters)

(Photo Damien Spleeters)

32e Brigade

La 32e Brigade n’était pas connue à Tripoli pour des missions de maintien de l’ordre. “C’est la seule unité qui avait assez d’argent pour acheter de nouvelles armes”, continue Ali. Je lui explique que les armes de 2008-2009 ont été vendues afin de sécuriser un convoi humanitaire vers le Darfour. “La 32e ne protège pas de convois humanitaires. Ce sont des conneries. Toutes les brigades dirigées par des enfants de Kadhafi étaient connues pour des faits de torture. Toutes. On ne pouvait pas l’ignorer. Tu pouvais passer par toutes les brigades, mais si tu passes par la 32e tu ferais mieux de parler. Si tu t’arrêtes là, tu finiras certainement mort. Ce sont des faits connus. Ça se savait.”

Ali me présente une boite complète de projectiles pour le FN303. Celle-ci contient 150 projectiles pleins de couleur rose, lavable. A l’intérieur, les coordonnées de la FN Herstal en Belgique et aux Etats-Unis. Les projectiles se trouvent dans des emballage de plastique où sont inscrits quelques consignes de sécurité, par exemple : “Never target a person above the shoulders”.

(Photo Damien Spleeters)

(Photo Damien Spleeters)

“Certaines personnes sont mortes à cause de cette arme. Certains étaient atteints à la tête ou au cou”, explique Ali. Sur l’un des emballage, une date: le 18 novembre 2008.

Que va-t-il arrivé à cette arme ? “Je ne compte pas la vendre”, continue Ali. “Je connais des gens qui voudraient l’acheter. Mais c’est un souvenir. Je ne peux pas l’utiliser pour me défendre, je ne peux rien faire avec cette arme, seulement peut-être jouer au paint-ball”, plaisante-t-il.

Auteur: Damien Spleeters

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