La longue route de la N-VA et de Bart De Wever jusque 2014

0

Les résultats de la N-VA en Flandre et à Anvers pour ces élections communales de  vont-ils avoir un impact au niveau national? Bien sûr, et c’est d’ailleurs pourquoi la bataille entre Bart De Wever et Patrick Janssens pour diriger la première ville de Flandre a tellement focalisé l’attention de tous. Et ceux qui avaient encore des doutes à ce sujet auront certainement ouvert les yeux après avoir écouté le discours de Bart De Wever suivant l’annonce de la victoire de son parti.

Bart De Wever le soir de l'élection communale, Anvers. (Photo: Julia M. Free, octobre 2012)

Bart De Wever le soir des élections communales, Anvers. (Photo: Julia M. Free, octobre 2012)

Depuis l’été 2011, moment où la N-VA a quitté les négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral, le parti nationaliste flamand s’est branché en mode “campagne électorale”. Et même si l’annonce de la mise en marche de la sixième réforme de l’Etat l’avait tenu silencieux un moment, la présentation du plan d’austérité et des réformes socio-économiques prévue par le gouvernement d’Elio Di Rupo avait réveillé la verve de la N-VA. L’équipe de Di Rupo 1er serait désormais apparenté à un gouvernement marxiste et taxateur, où une minorité de wallons impose  son “socialisme de papa” à une majorité de flamands.

Vous avez dit confédéralisme?

Ces éléments de langage ont été de nombreuses fois répétés par le parti depuis, avec dans l’ombre la promesse d’un avenir confédéral pour la Belgique. Car lors des élections fédérales de 2014, dégager une Flandre totalement indépendante ne sera pas encore à l’ordre du jour pou la N-VA. Mais bien par contre la mise en oeuvre d’une Belgique confédérale avec les autres partis flamands. (Cette idée de confédéralisme étant présent dans les programmes du CD&V et de l’Open Vld depuis de nombreuses années).

Concrètement, ce que cela signifie? Pas grand chose. En tout cas, tant que Bart De Wever n’aura pas clairement présenté son projet. Mais cette option est présentée depuis des mois par la N-VA comme l’unique solution pour sortir de cet enfer belge que représente l’addition de deux démocraties inconciliables, celles du Nord et du Sud du pays.

Les premiers  faux pas

Cependant, il faut faire attention: une telle campagne, ça vous ronge un homme, un parti. Pour la première fois dans sa carrière politique, Bart De Wever a commencé a commettre des fautes ces dernières semaines. Ridicule, son refus de participer aux débats organisés par la télé anversoise ATV, et bien maladroite, sa critique du slogan de Patrick Janssens pour la ville d’Anvers “’t stad is van iedereen” – La ville appartient à tous –.

A ce sujet, le politologue Carl Devos expliquait dans le quotidien flamand De Standaard début octobre: “Il est train de se passer quelque chose avec De Wever. Il sait pertinemment que l’orgueil, la fierté précède toujours la chute. Et je ne peux m’empêcher de penser que quelque chose ne fonctionne plus.” Et des répercussions, il y en a sur l’ensemble du parti comme l’analysait Filip De Rynk pour Apache: “J’ai le sentiment que l’élan est brisé”.

Si Bart De Wever avait perdu l’élection d’Anvers, cet élan aurait effectivement été brisé d’un coup net. Les opposants au leader du parti espéraient que le bourgmestre socialiste sortant Patrick Janssens réitérait l’exploit de 2006, mais en double cette fois: faire reculer de concert le Vlaams Belang et la N-VA. Mais les électeurs en ont décidé autrement.

Ces élections ont permis au parti nationaliste de s’installer durablement dans toute la Flandre, et de se projeter de manière décidée vers 2014. Et pour ceux qui en doutaient encore, son discours victorieux de dimanche soir témoigne du fait que la transformation de la Belgique est la seule et unique priorité du parti. La N-VA brûle d’impatience de rendre l’impossible possible en 2014. (Voir la vidéo du discours de Bart De Wever)

La chute

Mais avant d’arriver à cela, le parti devra trouver des solutions ou des alternatives à tous ces dilemmes que polarise à lui seul Bart De Wever. D’abord, il y a cette nouvelle et double casquette de bourgmestre et de chef de parti, qui a déjà été de nombreuses fois critiquée par ses opposants. Un bourgmestre d’importance comme le nécessite Anvers ne peut se permettre de s’afficher dans les médias nationaux comme un simple chef de parti.

Et puis il y a la question récurrente du “seul homme capable de porter tout un parti”. De Wever est apparu très épuisé durant les derniers jours de la campagne. Et sans un guide expérimenté, la route jusqu’à 2014 pourra se révéler bien difficile.

Auteur: Peter Casteels

Peter Casteels (1989) studeerde politieke wetenschappen aan de Universiteit Gent. Op Twitter spreekt u hem best aan met @pcasteels en mailen kan naar peter.casteels@apache.be.

Word lid

Lees direct verder en steun onafhankelijke onderzoeksjournalistiek. Nu nog aan 6,66 euro per maand.


Ja, ik word lid