Marianne Belgique: le nouvel hebdomadaire belge

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“Un nouveau journal, osez cette folie”. Telle est la Une du numéro 0, bien empilé et distribué à la centaine d’invités conviés pour l’évènement. Entre verres de champagne et crudités fatiguées, le nouveau magazine Marianne Belgique a été présenté cette semaine à un parterre de sympathisants et d’investisseurs potentiels à Bruxelles.

En substance, le projet n’a rien de bien novateur : il s’agit de lancer un hebdomadaire papier, de type news magazine, traitant aussi bien de la politique, de l’économie, que des dernières tendances culinaires. Le seul acteur belge francophone du secteur étant Le Vif/L’Express, ce petit frère du Marianne France entend modestement se faire une place dans un espace déjà bien saturé par de nombreux autres titres étrangers.

 

Belgo-belge

 

Marianne Belgique fonctionnera de manière autonome vis-à-vis de la rédaction parisienne, même si les échanges entre nous seront constants

Initié par Elie Barnavi, sur les 100 pages que comportera le nouveau magazine, 30% seront belgo-belges. Le reste des contenus proviendra de Marianne France. Afin de créer et faire vivre ces pages, une équipe rédactionnelle de 5 journalistes temps-plein est en train d’être réunie, soutenue par un réseau de pigistes lui aussi en phase de constitution.

Le rédacteur en chef ? Son identité n’a pas encore été divulguée, mais cela ne saurait tarder : “Une question de jours, voire de semaines. Nous sommes en tractation avec quatre personnes d’expérience dans la presse belge, mais rien de définitif n’a encore été arrêté” nous a-t-on confié lors de la soirée.

Marianne Belgique entend donc bien appuyer sa stratégie sur un ancrage belge, wallon. Benoît Remiche, directeur de la publication :

“En plus de rédiger les contenus, l’équipe rédactionnelle décidera elle seule des articles à reprendre du Marianne français. Elle fonctionnera de manière autonome vis-à-vis de la rédaction parisienne, même si les échanges entre nous seront constants.

Et si tout se passe bien, le premier numéro devrait paraître dans le courant du mois de septembre 2012.”

Refus de l’idéologie néo-libérale, du clivage droite/gauche, mise en avant de la notion de solidarité: le magazine aspire à se présenter comme “[…] un organe de presse qui échappe au consensus mou qui étouffe le débat démocratique, […]” selon le mot adressé aux lecteurs dans ce numéro 0. Reste à voir ce qu’il en sera dans les faits.

Finances

Cette soirée de présentation du numéro zéro n’avait pas pour but d’uniquement présenter le concept. Marianne Belgique recherche activement des investisseurs pour pouvoir naître et exister de manière pérenne.

Pour le moment, d’un point de vue financier, on retrouve un apport de fonds de commerce de Marianne France ainsi que quelques investisseurs français. L’équipe est également en contact avec une vingtaine d’investisseurs potentiels en Belgique, pouvant amener des sommes avoisinant les 150 000€ – 200 000€. Les négociations continue.

A noter également, la création de la coopérative “Les amis de Marianne Belgique” permettant aux particuliers d’acheter des parts du capital à hauteur de 50€ la part.

Pour ce qui est de la rentabilité du magazine, l’ambition de l’équipe est d’atteindre le vente hebdomadaire de 25 000 exemplaires au bout de 3 ans d’existence. Avec un coût d’achat de 3,50€ par magazine, 65% des recettes proviendront de la vente au numéro, 35% des annonces publicitaires.

Stratégie à l’ancienne

On pourra cependant regretter l’absence de stratégie Web concernant le lancement de ce magazine. Aucun site Web spécifique n’est prévu tant que Marianne France n’aura pas refondu le sien et ainsi, pouvoir bénéficier des avancées réalisées.

La concurrence s’annonce rude dans le créneau choisi par ce magazine, et ce qui importe plus que jamais, c’est le contenu, l’offre différente. Pourquoi pas dès lors amener une impulsion nouvelle dans ce secteur en voyant Internet non pas comme un “à côté” de sa stratégie, mais bien comme un élément central de celle-ci. Le magazine américain The Atlantic en est une bien belle preuve.

Auteur: Sylvain Malcorps

Manager d’Apache.be partie francophone, j’apprends tous les jours à faire mon métier de journaliste.

sylvain@apache.be
Facebook: Sylvain Malcorps

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