Cinq choses que j’ai apprises sur Bart De Wever

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Mardi soir, Bart De Wever a squatté mon petit écran. Pendant près d’une heure, le président de la N-VA a discutaillé politique et sentiments personnels sur la chaîne francophone RTL-TVI. Aussi loin que je me souvienne, c’est la première fois que le politicien flamand se prêtait à ce jeu en Wallonie.

(Foto Eric Herchaft - Reporters)

Un événement d’importance donc car pour une fois, ce n’est pas un “expert” ou un journaliste qui est venu expliquer la N-VA aux wallons, mais bien son président lui-même. Voici ce que je retiens de cet entretien.

1. Un homme dans l’opposition

Tout le monde en a pris pour son grade : partis flamands comme francophones. Ne faisant pas partie du nouveau gouvernement fédéral, la N-VA campe désormais dans l’opposition. Et ça se sent. Bart De Wever reproche à ce gouvernement de miser bien plus sur l’augmentation des impôts que sur la réduction des dépenses afin d’équilibrer le budget. Et puis surtout, ce nouveau gouvernement n’a pas de majorité du côté flamand. (Voir la vidéo)

Il n’hésite d’ailleurs pas à mordiller les partis flamands (Open VLD, Sp.a et CD&V) qui ont accepté de participer à ce gouvernement fédéral. Selon son analyse, ces partis sont comme des “souris”, des pions, dans les griffes du “chat” Elio Di Rupo.

2) Il assistera à la fin de la Belgique au cours de sa carrière politique

Le président des nationalistes flamands a un projet à long terme : la disparition de la Belgique. Il est d’ailleurs convaincu de pouvoir réaliser cela au cours de sa carrière politique. Cela se passera comme tel :

  • D’un côté, les pouvoirs de l’Europe vont grandir et certaines matières socio-économiques se verront directement gérées par les instances européennes ;
  • De l’autre, la Belgique fédérale va peu à peu se vider pour au final donner une “coquille vide”. La totalité des pouvoirs et des compétences passeront aux régions.

 

3) Personnage “diabolisé” qui garde la tête haute

Au cours de l’entretien, le présentateur de l’émission propose à Bart De Wever de consulter un sondage dans lequel plus de 80% de francophones estiment que le nationaliste flamand dresse les wallons contre les flamands. Ce chiffre descend à 31% lorsqu’on interroge les flamands.

“Quelqu’un doit jouer le rôle de bouc émissaire, et apparemment c’est moi. Ca ne m’étonne pas lorsque je lis la presse francophone, surtout Le Soir.”

Flegmatique, il dit comprendre ces résultats au vu des informations à son sujet que reçoivent les francophones via les médias. Mais cela semble glisser sur lui, et rien n’indique qu’il a l’intention d’y changer quelque chose. D’ailleurs, serait-ce vraiment à son avantage ?

4) C’est un mec “super sympa”

Ce n’est pas moi qui le dit, mais Marcel Cheron (Sénateur Ecolo). Pour ce politicien francophone, Bart De Wever a deux visages :

“Tant qu’il est dans la conversation banale, de tous les jours : c’est quelqu’un de très agréable et intéressant.

Mais dès que l’on passe sur la question nationale, ce n’est plus le même homme. Son projet politique est clair et unique.”

Sur mon écran télé, Bart De Wever n’en avait qu’un de visage: celui d’une personne assez froide et confiante d’elle-même. Son discours est rôdé, son français aussi bon que celui d’une vendeuse de sacoches de l’avenue Louise, mais sa chaleur humaine et sa présence télévisuelle m’ont plutôt laissé de marbre.

5) Son sens de la répartie est croustillant

J’avais entendu et lu à de nombreuses reprises que Bart De Wever était un homme “très intelligent et drôle”. Je ne savais pas que cela était aussi le cas lorsqu’il parlait français. Petit exemple.

Durant l’interview, le présentateur Laurent Haulotte vient à évoquer le caractère nationaliste de la N-VA :

“Comment peut-on être à la fois historien et nationaliste, quand on connaît les dérives auxquelles ont pu mener les nationalismes ?”

Bart De Wever, de répondre du tac au tac :

“Oui, et comment peut-on être socialiste quand on a connu les régimes de Ceausescu et Staline…” (Voir la vidéo vers 10 min.)

Auteur: Sylvain Malcorps

Manager d’Apache.be partie francophone, j’apprends tous les jours à faire mon métier de journaliste.

sylvain@apache.be
Facebook: Sylvain Malcorps

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